« L’art de vivre à la française reste reconnu et valorisé »

Maximilien Marxer est vice-président de l’association Bonaparte pour la promotion de la francophonie et de la francophilie au Liechtenstein. Son grand-père, originaire du Liechtenstein, est parti s’installer au Maroc dans les années 30, puis en France après les événements de l’indépendance. C’est donc en France qu’il est né et qu’il a grandi. Il a fait ses études de droit international à Aix-en-Provence, puis à Lausanne en Suisse et a passé le Certificat d’aptitude à la profession d’avocat à Paris où il a été admis au Barreau en 2012. Depuis la fin 2013, il est revenu sur la terre de ses origines, au Liechtenstein et pratique comme avocat européen.

Peut-on parler de francophonie au Liechtenstein ?

JPEGLa France et le Liechtenstein ont des liens historiques liés notamment à l’intervention de Napoléon Bonaparte. Quand l’empire austro-hongrois des Habsbourg s’est effondré, Napoléon envisageait de créer alors la Confédération du Rhin. Le Prince de Liechtenstein, qui avait des fonctions militaires auprès de l’Empereur austro-hongrois, a alors négocié avec Napoléon la souveraineté et l’indépendance de sa principauté située aujourd’hui le long du Rhin, entre la Suisse et l’Autriche. C’est ainsi que grâce à Napoléon Bonaparte, le Liechtenstein est devenu un pays souverain et indépendant en 1818. Il y a presque deux siècles !
Bien que la langue officielle du Liechtenstein soit l’allemand, aujourd’hui encore les gens aiment le français et le Prince lui-même le parle couramment. L’art de vivre à la française reste quelque chose de reconnu et de valorisé.
Malheureusement depuis quelques années, le français a perdu de sa splendeur au profit de l’anglais et les jeunes apprennent et pratiquent de moins en moins la langue française.

Quel est l’objet de votre association Bonaparte ?

PNGA l’origine de l’association, j’avais pour principal projet de créer une semaine francophone dans le but de développer les échanges culturels et économiques avec les pays francophones. Il fallait une personne morale pour coordonner et financer le projet. Nous nous sommes donc mobilisés avec plusieurs personnes pour créer l’association en juin 2016.
Dès l’origine, nous voulions une association qui réunisse les francophones et francophiles du Liechtenstein et de sa région limitrophe, et pas seulement les français. Les membres sont des Liechtensteinois qui parlent français, des Français installés au Liechtenstein et des francophones d’autres nationalités. Nous tenons vraiment cette double entrée : francophonie et francophilie.

Quelles sont vos modalités d’actions ?

Depuis un an, nous avons organisé plusieurs événements locaux. Pour la fête nationale du Liechtenstein, le 15 août, nous avons tenu à Vaduz un Bar à vins et Champagnes français. Il a rencontré un très grand succès. Nous avons aussi organisé et participé à l’organisation d’événements avec d’autres associations francophone comme la Journée culturelle de l’UFEZ, le 15 octobre 2016, intitulée : « Un samedi Princier à Vaduz » et la visite de la fondation Rosengart à Lucerne. Le 5 mai prochain, nous organisons une dictée avec les « Fadas du français », une association francophone du Vorarlberg autrichien (plus d’informations en ligne).

Vous souhaitez particulièrement développer des actions transfrontalières ?

JPEGOui, le Liechtenstein est situé à la croisée de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Suisse. Dans cette vallée du Rhin, qui va jusqu’au lac de Constance, les quatre pays ont réellement une culture en commun. Nous voulons donc travailler à des projets entre associations de ces différents pays qui n’ont pas forcément les mêmes objectifs mais qui peuvent avoir des synergies en commun. Je suis aussi membre du Conseil d’administration de l’UFEZ (Union des Français de l’Etranger de Zurich). Cependant, notre objectif est surtout de développer et soutenir les relations culturelles et économiques entre le Liechtenstein et les pays francophones, dont la France. Alors que, il faut bien l’avouer, le Liechtenstein est davantage orienté vers l’Allemagne et l’Autriche.

Et vos projets d’avenir ?

Nous avons toujours le projet d’organiser une semaine francophone avec plusieurs manifestations liées à la gastronomie, l’architecture, l’économie… Cette semaine francophone pourrait notamment être co-organisée avec les autres associations francophones de la région de Zurich et Saint-Gall, du Vorarlberg et du Liechtenstein.
Nous pensons aussi réitérer le Bar à vins et Champagnes le 15 août prochain. C’est une grande journée de fête au Liechtenstein qui attire des visiteurs de toute la région. C’est aussi la seule occasion d’entrer dans les jardins du château de Vaduz (qui ne se visite car c’est la résidence du Prince et du Prince héritier avec sa famille) et de rencontrer la famille princière, éventuellement discuter avec eux et faire une photo.

Le site internet de l’Association Bonaparte

publié le 26/04/2017

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